Les origines du Kobudo

Des ustensiles de la vie quotidienne

L’utilisation d’outils et d’instruments agraires à des fins défensives est une conséquence de l’interdiction faite par l’occupant japonais à la population okinawaienne de posséder des armes. Alors que les guerriers japonais sont munis d’armes pour se battre, la population okinawaienne, vivant de la pêche et de la terre, n’a d’autre moyen pour se défendre que d’utiliser ses pieds et ses poings, armes ne faisant guère le poids contre les sabres, lances et autres flèches des Japonais.

Il était donc logique que les ustensiles de la vie quotidienne, qu’on ne pouvait leur enlever, se transforment en armes d’une efficacité redoutable entre des mains entraînées

De nombreuses armes

Parmi les nombreux ustensiles détournés de leur utilisation primaire, on trouve le bo (bâton), le sai (trident utilisé par les policiers okinawaiens), le tunkuwa (manche de meule), le nunchaku (fléau à deux branches), le sansetsukon (fléau à trois branches), l’eku (rame de pêcheur) le kama (petite faucille) ou encore le kue (houe).

Grâce à leur pratique secrète, les connaissances des armes du Kobudo d’Okinawa se sont transmises de génération en génération au cours d’entraînements très réalistes durant lesquels l’idée de vie et de mort était omniprésente. Parmi le grand nombre de pratiquants de Kobudo, deux maîtres ont su laisser une trace de leurs connaissances. Il s’agit de Moden Yabiku Sensei et de Shinko Matayoshi Sensei (1888-1947). Grâce à la codification et à la synthèse qu’ils firent de l’enseignement du Kobudo, celui-ci a été transmis dans sa forme originale jusqu’à nous.

Creative Commons Attribution 4.0 International License