Association
Okinawa Karaté Kobudo Suisse
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Le shōrin-ryū
Un des premiers maîtres dont le nom est resté dans l'histoire des arts martiaux okinawaiens est Tsuken Uekata Morinori (1624-1709). Celui que l'on considère toutefois comme l'initiateur du Karaté d'Okinawa est Tode Sakugawa (1762-1843). L'art martial qu'il pratiquait, le Tode, était un mélange du Shuri-te pratiqué par les samouraïs de la cour du roi de Shuri et de Kempo chinois. Sa formation a commencé lorsqu'il est devenu élève de Kusanku, alors représentant militaire chinois à la cour. C'était un maître de Kempo reconnu pour son aptitude au combat et son enseignement aura grâce à Tode Sakugawa une grande influence sur le développement futur du Shuri-Te.

Le plus célèbre disciple de Tode Sakugawa est certainement Sokon Matsumura (1809-1899). Issu d'une famille noble, Sokon Matsumura était garde du Prince au palais de Shuri. C'est grâce à cette fonction qu'il bénéficia de l'enseignement du maître chinois Iwa, qui lui apporta sa connaissance de l'art du combat. Sokon Matsumura instaura un véritable système d'enseignement pour sa méthode de combat auquel il donne le nom de Shuri-Te. C'est grâce à cette méthode d'enseignement qu'il est aujourd'hui possible de faire remonter toutes les généalogies du Karaté d'Okinawa à Sokon Matsumura. Celui-ci aura de nombreux disciples dont Anko Itosu (1831-1915), Chotoku Kyan (1870-1945), Kentsu Yabu (1865-1945) ou encore Anko Azato (1827-1906).

Anko Itosu introduisit l'enseignement du Karaté d'Okinawa dans les écoles de l'île. Se rendant compte que les katas originaux hérités de ses prédécesseurs étaient trop compliqués pour les collégiens, il créa en 1907 les cinq katas Pinan à partir des katas Kusanku, Passai, Chinto et Jion. C'est également à cette époque qu'il divisa le kata Naihanshi en trois parties pour en faciliter l'apprentissage. Parmi ses disciples, on trouve Choshin Chibana (1885-1969), Gichin Funakoshi (1868-1957), qui fondera plus tard le Shotokan, ou encore Kenwa Mabuni (1890-1952), futur fondateur du Shito-ryu.

Choshin Chibana qui fut l'élève de Anko Itosu dès l'âge de 15 ans et lui resta fidèle jusqu'à sa mort, ouvrit un dojo en 1920 à Shuri. En changeant les idéogrammes utilisés pour écrire shōrin-ryū, il nomma son style kobayashi-ryū, qui est la transcription okinawaienne de Shaolin (petite forêt). En 1956, il devint le premier président de l'Okinawa Karate-Do Renmei. Parmi ses élèves, on trouve en autre Yuchoku Higa (1910-1995), Katsuya Miyahira (1918-), Shuguro Nakazato (1919-) et Joki Uema (1920-).
Les spécificités du shōrin-ryū
L'entraînement dans le karaté shōrin-ryū est un mélange de techniques plus ou moins dures. En règle générale, la pratique débute par l'apprentissage des bases : blocages, attaques, positions et projections. Cet apprentissage se fait aussi bien seul qu'avec un partenaire. Le kote kitae, un ensemble de techniques de durcissement, est pratiqué parallèlement aux bases pour habituer le corps aux contacts. Une fois les bases assimilées, le pratiquant passe alors aux techniques suivantes qui comprennent les katas de bases et leur bunkais. Ceux-ci utilisent les déplacements et les esquives. Le pratiquant commence alors à utiliser son corps entier en exécutant une technique, qu'elle soit défensive ou offensive. Une fois qu'il est devenu habile dans ces techniques, il passe au niveau suivant : les katas avancés et leurs bunkais.
Les Katas
Un kata est une sequence de mouvements préarrangés. La plupart des écoles actuelles de Karaté traitent le kata comme un simple moyen de pratiquer les bases. Cependant, une analyse plus profonde des katas indique plusieurs couches de significations: ce qui était par le passé une attaque raffinée et impraticable devient une clef de bras pertinente ou une esquive salvatrice. En fait, les katas d'Okinawa étaient à l'origine des bibliothèques d'informations, contenant tous les secrets du système, tels que des techniques aux points vitaux, des clefs ou encore des projections. Alors qu'on peut apprendre les mouvements d'un kata en quelques jours, il faut plusieurs années pour maîtriser un kata et pour en apprendre tous les secrets. La pratique du kata n'entraîne pas seulement les mouvements de ses techniques chez le pratiquant, il entraîne également ses déplacements, ses positions, sa respiration et son équilibre. En tant que tels, l'importance du kata dans l'apprentissage du Karaté ne doit pas être sous-estimée.

L'AOKKS enseigne les katas de shōrin-ryū suivants :
Katas de base
Kihon ichi, Kihon ni, Kihon san
Fukyugata ichi, Fukyugata ni
Kihongata ichi, Kihongata ni, Kihongata san, Kihongata yon, Kihongata go
Naihanchi shodan, Naihanchi nidan, Naihanchi sandan
Pinan shodan, Pinan nidan, Pinan sandan, Pinan yondan, Pinan godan
Katas supérieurs
Kusanku sho, Kusanku dai, Chatanyara kusanku
Itosu no passai, Matsumura no passai, Gusukuma no passai, Oyadomari no passai
Jion, Gojushiho, Nijushiho
Rohai, Seisan, Shuri Sanchin, Sochin
Anan, Ananku, Chinti, Chinto, Wankan, Wanshu
L'AOKKS enseigne également un kata de Gusan (canne de marche) qui est une des particularités de l'école Shubukan de Yasuhiro Uema Sensei.
Les Bunkais
Les bunkais sont les applications des différentes parties d'un kata. Ils permettent d'analyser les techniques qui y sont cachées. Celles-ci peuvent être des saisies, des clefs, des projections ou des étranglements. Elles peuvent également entraîner certains principes tels que les déplacements ou les changements d'appui. Souvent, plusieurs techniques correspondent à chaque mouvement d'un kata. Par exemple, une simple rotation suivi d'un mouvement du bras vers le bas peut être un blocage, un coup aux parties ou une projection. Il y a plusieurs niveaux de bunkai et il n'existe pas un unique bunkai correct pour un mouvement donné. En progressant dans le Karaté, le pratiquant approfondit sa compréhension des katas et de leurs bunkais.




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